L’Union Européenne contre les citoyens: une seule solution, la RESISTANCE!

Une Europe guidée par la peur

Il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy Ier nous apprenait que grâce à lui, l’UE allait mettre en place une taxe carbone aux frontières de l’Union. Le lendemain (ou deux jours après, en étant large), on lisait que Barroso et les Commissaires Européens concernés ne voient pas l’histoire du même œil.

Au-delà de la volonté de Sarkozy de ne pas perdre la face après l’abandon lâche de la taxe carbone en France (qui était très mauvaise de toutes manières, étant donné que la proposition de la Commission Rocard avait été complètement transformée et dénaturée), ce débat qui revient  de plus en plus fortement, du moins en France, corrobore parfaitement l’idée générale d’un livre que je n’ai pas acheté, mais qui s’appelle Géopolitique des Emotions, et qui décrit l’Europe comme un ensemble politique guidé par la peur.

L’Europe, et en particulier la France, a peur. Peur des immigrés, peur de l’islam, peur du chômage, peur de la crise, peur du changement de civilisation qui s’annonce. Et il est très intéressant d’analyser les débats de politique et géopolitique (nationale et européenne) en cours actuellement sous cet angle-là, vous serez étonnés de voir à quel point cette hypothèse est juste.

Le débat sur l’identité nationale en France, le bon score du FN, les lois anti-musulmans dans différents pays européens (Hollande, Suisse, Autriche…), les centres de rétention d’immigrants illégaux en France, Espagne ou Italie, la diminution très forte du droit d’asile effectif, et en conséquence les charters direction l’Afghanistan, peur de la Chine, peur de l’Iran, peur du Vénézuela… Il n’y a pas de doute, l’Europe ne propose aucun projet collectif sinon celui de se protéger face aux multiples dangers de ce monde, de fermer ses frontières, de choisir ses immigrés, de les assimiler de force, l’Europe n’est plus que l’ombre d’elle-même et du projet qu’elle portait.

Mais au-delà de cette tendance à vouloir se protéger, par peur, ou par supposé pragmatisme économique, ce qui ressort de ces évènements récents est que l’Union Européenne est encore bien incapable de parler d’une seule voix ou d’élaborer une politique étrangère ou économique commune.

L’Europe incapable de prendre des décisions importantes quand il le faut

Lors des derniers mois, les négociations de couloir (bien peu démocratiques) ont désigné une novice britannique monolingue (c’est le comble, elle vient du pays le plus réticent à voir le jour une politique étrangère européenne autonome) pour occuper le poste nouvellement créé de Ministre des Affaires Etrangères de l’UE. C’est clairement un paradoxe que personne n’aurait pu imaginer, mais ils l’ont fait ! On n’est jamais au bout de nos surprises avec le mode de fonctionnement « démocratique » actuel de l’Union. Incapable de représenter dignement l’UE, Mme Ashton contribue joyeusement à l’enterrement de l’UE dans l’espace international, au détriment des peuples concernés qui espéraient des améliorations à ce niveau. Pas le temps de chercher les articles correspondants, mais voici une belle photo de notre championne:

Du côté de la situation économique, je parlerai ici spécifiquement de l’Eurozone, l’UE est également incapable de soutenir un de ses membres sans faire appel à une aide extérieure. Mieux vaut laisser le pays en question à la merci des notations des « grandes agences de notation » (toujours pas séparées des banques, tiens donc…) qui en ont profité pour spéculer sur la chute de la Grèce, et qui en profiteront pour spéculer sur le soutien en dernier recours de l’UE et du FMI.

Une belle preuve de la capacité de l’UE de s’autodétruire et de perdre le peu de crédibilité et de pouvoir qu’elle pensait avoir ! Apparemment, ce n’est pas encore pour aujourd’hui que l’on sera capable d’agir résolument, solidairement, entre voisins, pour éviter non seulement la honte internationale, et le ridicule, mais aussi de futures débâcles économiques.

Mais encore, si l’Union Européenne était seulement guidée par la peur, incompétente et incapable d’agir solidairement, il pourrait encore y avoir une issue positive. Mais dans les faits, de mon point de vue, l’Union Européenne est allée trop loin, jusqu’au point (c’est dur de dire ça mais c’est la réalité) de trahir ses propres citoyens, ni plus ni moins, de manière flagrante, continue, et éhontée.

3/ L’Europe infiltrée par le libéralisme – trahit les citoyens européens

Première occurrence flagrante : la signature du Traité Européen (qui n’était soi-disant pas un traité, mais qui aujourd’hui est considéré comme tel) qui avait été refusé par les électeurs de plusieurs pays membres. La pression générale, et le manque de respect traditionnel pour la démocratie de certains partis au pouvoir, a fait que les Etats ont forcé le passage contre la volonté des gueux inconscients, incapables de comprendre ce qui est bien pour eux. Du vote discret du Parlement français au matraquage médiatique culpabilisant des politiques et médias irlandais contre le peuple irlandais qui a mal voté (voir vidéo), les peuples européens ont été trahis par l’engrenage mis en place.

Dès avant, et dorénavant encore plus clairement, Barroso et le reste de Commissaires, totalement cooptés par la pensée libérale dominante que des minorités grandissantes (voire des majorités claires) ne veulent pas voir s’imposer, mènent la danse à leur guise. Dernier exemple en date : après les moratoires de plusieurs pays européens à propos des OGM, obtenus sous la pression de la société civile, la Commission Barroso a nouvellement forcé la volonté des peuples en autorisant les cultures de nouveaux produits OGM en Europe. De la Directive Bolkenstein à la quasi-obligation de démanteler le service public au nom de la sacro-sainte concurrence, l’UE, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, est en train de détruire ce que les nations européennes ont construit (grâce aux luttes sociales) durant les derniers siècles et décennies.

Contre cette organisation hyper-libérale, que pouvons-nous faire pour défendre les valeurs de la vraie gauche, des valeurs sociales, de solidarité, de défense du service public, qui sont menacées ?

4/ Que faire ? Résister et construire une autonomie politique réelle

Certains pensent que la France pourrait sortir de l’Union Européenne. Au-delà des difficultés pour que cela se produise, il est clair que la gauche radicale française est profondément européenne (au contraire de la droite nationaliste et raciste). La sortie de l’UE ne devrait donc être considérée que comme ultime recours, car certainement contre-productif. Le Traité Européen, imposé par la technocratie européenne et nos politiques enclins et habitués à ne pas prendre en compte la volonté populaire, est également un horizon difficilement dépassable. Le tour de force a fonctionné. Ce n’était soi-disant pas un Traité, donc pas plus contraignant que les différents textes existants à l’époque, mais aujourd’hui, l’UE a inscrit le libéralisme dans ses gènes et rien ne semble pouvoir empêcher son avancée, en témoignent les multiples directives indignes de la Commission lors des dernières années. Du côté du Parlement Européen, il y a dans le fond (bien au fond) un espoir. L’espoir que le PSE cesse de s’aligner sur les positions libérales de la majorité de droite et représente un vrai contre-pouvoir démocratique. Donc peu d’espoir… En cadeau, le discours sur le comportement du PSE lors de la reélection de Barroso à la tête de la Commission:

Lorsque les gouvernements nationaux se transforment en complices de l’Union hégémonique, comme cela est clairement le cas, les possibilités de défendre une voie alternative sont minces. En cas de très forte pression sociale, un miracle peut se produire, comme cela a été le cas avec les OGM, mais ce cas est l’exemple qui confirme la règle.

Christian Audouin, le candidat du NPA, du PG, du PC et de la FASE aux dernières élections régionales dans la région du Limousin (13% au premier tour, 19% au deuxième), le seul a s’être maintenu au second tour, dans ses discours, parle de RÉSISTANCE contre le libéralisme, contre la démolition des services publics, et contre le gouvernement national.

Cette idée de résistance n’est quasiment jamais mise en avant, encore moins à un niveau régional. C’est le même concept qui a amené José Bové à détruire des cultures d’OGM à plusieurs reprises ces dernières années et participer à d’autres actions-choc (démontage de McDonald’s), ce qui lui a valu des condamnations judiciaires. Mais depuis quelques années, on parle de moins en moins de résister au libéralisme, et de plus en plus de s’en accommoder… José Bové lui-même a fait le pari d’entrer dans l’institutionnalité avec ce “parti-creuset” qu’est Europe-Ecologie…

En Amérique Latine, la résistance n’est pas un concept éloigné de la réalité. Les paysans et les communautés indigènes, depuis l’arrivée des colons, sont les victimes perpétuelles des dominants au pouvoir, qu’ils soient espagnols, fils d’espagnols, ou métis. La résistance est une pratique quotidienne contre les agressions sans-fin, les expropiations, les humiliations, les violations des droits humains. Parfois armé, souvent civil et pacifique, il me paraît nécessaire que les peuples européens se réapproprient ce devoir de résistance.

Définissons-le ensemble ! Donnons-lui forme ! Si l’UE se comporte en destructeur libéral, opposons-lui la créativité, la solidarité, la conviction, pour l’obliger à respecter le droit à la différence. L’Union Européenne sera-t-elle capable de dépasser l’équation suivante : unité = uniformité = obéissance ? Engageons-nous ! Avons-nous perdu cette tradition de lutte, au risque d’en payer les conséquences ? Sommes-nous devenus des peuples morts, figés, incapables de défendre leurs idéaux ?

L’Europe, comme ensemble politique est en train de se confirmer comme un ensemble supranational démocratique. Mais ce que l’on pourrait espérer de l’UE, ce n’est pas qu’elle soit démocratique, mais post-démocratique. Qu’elle n’œuvre pas pour le développement des peuples européens, mais pour l’après-développement (post-développement). Que son objectif ne soit pas seulement de construire son indépendance, mais également de renforcer l’autonomie de chacun de ses membres, au lieu de créer une confrontation entre le niveau européen, et les niveaux nationaux, régionaux et locaux.

Au lieu de cela, l’UE s’est transformé en ogre hégémonique, voulant imposer un ordre capitaliste libéral que les peuples refusent (lien en espagnol). La solution est double : en premier lieu, refuser cette hégémonie, et résister, au niveau national, régional et local. Dans le même temps, œuvrer pour transformer l’Europe en une entité qui défend les peuples et non pas le marché et la sacrosainte concurrence.

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